Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands
 

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET

Casimir Platzer, Président de GastroSuisse: «L’initiative – Prix équitables – est un défi politique contre l’îlot de cherté suisse. Elle sera déposée mi-décembre prochain».

Signes avant-coureurs encourageants pour la branche Hôtellerie-Restauration en Suisse, tourisme de restauration, Initiative «Pour des prix équitables» qui pourrait favoriser la branche, numérisation, régions alpines en souffrance, le Président de GastroSuisse Casimir Platzer répond à nos questions. Et il nous fait ses voeux pour la nouvelle année.

L’année 2017 a-t-elle connu une stabilisation de la situation conjoncturelle espérée? 
Divers facteurs positifs ont contribué à ce que le nombre de nuitées ait remonté en été 2017. Les points qui ont certainement fait le poids ont été la météo exceptionnelle, la meilleure situation économique dans beaucoup de pays européens, une plus petite différence de prix sur la base du cours de change plus favorable et l’inflation plus élevée dans de nombreux pays de l’UE. Il y a donc quelques signes avant-coureurs, annonçant que la tendance à la baisse pourra peut-être bientôt être contrée. Un pronostic durable n’est toutefois pas encore possible.

Comment agir face au tourisme de restauration à l’étranger, qui ne semble pas s’affaiblir?
L’abandon du taux plancher en 2015 face à l’euro a eu pour conséquence que nos offres sont devenues massivement plus chères, pratiquement en une nuit, sans qu’on n’y soit pour rien. C’est surtout la campagne et les régions alpines qui ont particulièrement souffert du franc fort. En outre certaines villes frontalières comme Genève et Bâle ressentent également clairement les dures conséquences du tourisme de restauration.La situation reste critique, mais elle est également une stimulation à devenir plus innovant. Je suis toutefois convaincu qu’en raison de l’amélioration de la situation du cours de change, le shopping de l’autre côté de la frontière et donc aussi le tourisme de restauration vont diminuer. 

Qu’attendez-vous de l’initiative «Pour des prix équitables»? Le oui a-t-il des chances de s’imposer devant le peuple?
Beaucoup de produits importés coûtent en Suisse vraiment beaucoup plus cher que dans les pays voisins. Ce ne sont pas forcément les loyers, les salaires et l’infrastructure suisses plus chères qui sont la cause pour des prix de vente plus élevés dans notre pays. Ce sont bien plus les majorations de prix non justifiées de producteurs étrangers. Des groupes multinationaux profitent de façon systématique du pouvoir d’achat suisse plus important et maintiennent les prix artificiellement hauts.
Ce ne sont pas seulement les entreprises qui sont concernées, mais aussi les consommatrices et les consommateurs. L’initiative «Prix équitables» est un défi politique contre l’îlot de cherté qu’est la Suisse. Elle sera déposée à la mi-décembre 2017. 

Les mets à l’emporter s’imposent de plus en plus dans la restauration. De plus en plus de prestataires de services proposent des applications Internet dans ce sens. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vos membres?
L’hôtellerie-restauration est en mutation. Des habitudes de vie modifiées, la société 24 heures sur 24 et la numérisation progressive influencent fortement notre branche. Le client moderne est en ligne et mobile, il a des exigences toujours plus élevées d’individualisation. De nouveaux systèmes de réservation et de commande sont la base de beaucoup de modèles d’activités innovants. La restauration traditionnelle se penche également sur ce développement. Les nouveaux canaux peuvent ouvrir des segments de marché supplémentaires, aussi aux entreprises traditionnelles. 

L’Etat démontre-t-il, selon vous, une volonté de favoriser l’hôtellerie-restauration, en particulier dans les régions alpines?
En particulier dans le secteur de l’hébergement, les villes ont jusqu’ici été moins touchées par un recul de la demande; au contraire, quelques-unes ont même fait un bond en avant. La campagne et les régions alpines sont toutefois confrontées à de grands défis. Si elles veulent survivre dans l’âpre concurrence, il faut prendre des mesures. Si le développement touristique des villes et des régions alpines en Suisse devait continuer à se scinder, aussi à cause des changements climatiques, cela doit nous préoccuper sur le plan politique, économique et social. Nous devons tout mettre en œuvre pour que les secteurs économiques restent capables de survivre dans toutes les régions. Nous-mêmes en tant que fédération, ainsi que la politique, sommes tenus de proposer des solutions et de mettre des instruments adéquats à disposition. 

2018 se présente-t-elle mieux que 2017? Quels sont vos voeux pour la nouvelle année?
Nous attendons de la poudreuse en montagne et une magnifique saison d’hiver, et pour les villes frontalières un changement de tendance dans le tourisme de restauration grâce à un meilleur taux de change! Et naturellement que les clients de Suisse et de l’étranger fassent honneur aux efforts intensifs de la branche et qu’ils profitent des nombreuses offres attractives et innovantes. Nous souhaitons aux restaurateurs-hôteliers de notre pays, pour la fin de l’année, beaucoup de clients enthousiastes, qui apprécient pendant les fêtes notre hospitalité. Au nom de GastroSuisse, j’espère de tout cœur que 2018 vous apporte la chance, la santé et le courage, ainsi que le succès dans votre entreprise! 

Pascal Claivaz

 

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