Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

La sécheresse compromet la saison des champignons

Cette année, les délices de la mycologie se font rares et 2018 s’annonce comme l’une des pires années depuis 2003, alors que le début de saison s’avérait plutôt prometteur. En Valais comme ailleurs, le réchauffement ambiant inquiète, puisqu’il favorise aussi l’apparition, en Suisse, de nouvelles espèces.

Certaines nouvelles espèces de champignons sont apparues en Suisse, à cause du réchauffement ambiant. Elles sont encore mal connues du ramasseur du dimanche et sont des plus dangereuses. C’est le cas, entre autres, du clitocybe de l’olivier. Normalement, on le distingue par son habitat, une couleur plus cuivrée, une marge enroulée et une poussée en touffes, semblable à celles des autres pleurotes. Il pousse en automne dans des régions plutôt méditerranéennes, au pied de divers feuillus (chênes verts, chênes lièges et surtout oliviers). Mais on en trouve déjà dans le canton de Genève et il devrait faire son apparition en Valais d’ici à 3 ans.

Attention, toxique

Or, ce champignon est gravement toxique, et son danger provient de sa ressemblance parfois déroutante avec l’une des espèces les plus populaires, la chanterelle jaune (Cantharellus cibarius, appelée en France la girolle). Il est donc indispensable de faire contrôler sa cueillette par les experts reconnus: les intoxications sévères liées à la consommation de champignons ne sont pas rares en Suisse. L’on en a recensé jusqu’à 700 par an, trop d’amateurs se laissant piéger par des champignons qu’ils croyaient connaître et n’ont pas fait contrôler.

En Valais comme ailleurs, il est un champignon particulièrement dangereux et relativement connu, l’amanite phaloïde. Mais d’autres amanites moins familières sont tout aussi inquiétantes ou quasiment (Amanite vireuse, amanite tue-mouche, amanite panthère, amanite verna, laquelle ressemble dangereusement à un agaric des prés, version agreste du champignon de Paris, etc.) Il convient donc, même dans le cas de la délicieuse amanite des césars, de se montrer extrêmement vigilant.

Il est un autre champignon qui pose problème, le tricholome tigré (Tricholoma Pardinum), très  présent dans le Valais central. Facilement confondu avec des champignons comestibles, c’est l’un des plus toxiques du genre. Sans être mortelle, son ingestion peut entraîner une gastroentérite sévère nécessitant une hospitalisation. Or, s’il est impliqué dans de nombreux cas d’empoisonnements, c’est sans doute à cause de sa ressemblance avec des espèces comestibles comme, entre autres, le tricholome prétentieux, le tricholome terreux, et qui poussent à la même époque.

Il est donc indispensable de toujours faire très attention à ce que l’on ramasse, de faire contrôler sa cueillette quand on n’est pas absolument sûr de soi et, en cas de problème, de ne pas hésiter pour appeler le 145, tant il est vrai que seul James Bond ne vit que deux fois, et que, comme disait Coluche, «Tous les champignons sont comestibles, certains une seule fois».

JF Ulysse

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