Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET

Poissons: nouveau record de consommation en Suisse

Avec 74 000 tonnes de poissons et fruits de mer consommés en 2013, les Suisses ont battu un nouveau record. Il est à relever que la pêche locale ne peut subvenir qu’à 2% de la consommation.

En effet, la consommation suisse de poissons et fruits de mer est repartie à la hausse, après un fort repli en 2012. Malgré des prix en hausse constante, chaque Suisse a consommé 9,1 kg, en moyenne annuelle, la plus forte croissance des deux dernières décennies.

Les poissons les plus prisés?
Thon, crevette, saumon, mais aussi pangasius et poissons plats, principalement sole et limande.

Les bonnes nouvelles?
Il faut 0,8kg de nourriture pour obtenir 1 kg de pangasius, poisson qui s’avère donc plus «environnemental» que véritablement gastronomique, mais c’est déjà ça.

Et – que les fans de sushis et autres «tonnato» se rassurent – le thon albacore, le plus importé en Suisse, s’avère peu vulnérable à la surpêche, et la manière dont on le pêche (ligne, palangre) entraîne peu de dégâts collatéraux sur les autres espèces.

Ce sont là les propres observations d’un WWF pourtant porté à peindre le diable sur la muraille, en matière de poissons, et qui tente toujours de faire les gros yeux à des Suisses qui, apparemment, n’en ont pas vraiment cure.

En effet, l’offre ne repose généralement guère sur des critères durables, et une grande part vient de sources que le WWF juge critiques, reprochant aux Suisses un gaspillage des ressources, notamment dans la pêche à la crevette tropicale. Or, c’est l’un des mets que les consommateurs suisses préfèrent…

Quant à l’élevage de poissons et fruits de mer, dont les produits représentent un tiers de la consommation helvétique, le WWF s’insurge: l’élevage traditionnel détruit, selon lui, plus de poissons et de fruits de mer qu’il n’en produit et, pour nourrir chaque kilo de poissons ou de crustacés d’élevage consommé en Suisse, il faut, toujours d’après le WWF, près de quatre kilos de poissons sauvages, parfois plus.
 
Selon cet organisme à la dent dure, l’évolution actuelle de la consommation de poisson en Suisse indique qu’il est urgent d’agir, et le problème de la surpêche reste ignoré par le secteur de la restauration suisse.

Pour lutter contre ce qu’il considère comme des excès, le WWF propose…d’acheter son guide, quand on achète du poisson. Il préconise, d’une manière générale, de ne consommer du poisson qu’occasionnellement, de se limiter, pour les espèces sauvages, à celles qui arborent SON (!) label MSC, lequel, vous l’aurez deviné, est loin d’être gratuit. Or, la pêche provient en grande partie de pays en voie de développement et généralement désargentés.

Quant aux espèces d’élevages, le WWF recommande de n’acheter que du bio. L’ONG recommande également de privilégier les poissons provenant des eaux suisses, lesquelles, comme on le sait, ne parviennent à couvrir que 2 à 5% de la consommation autochtone…

Certes, il convient de garder raison, mais on peut dire que l’égalité devant l’arête n’est pas, chez certains, à l’ordre du jour.

JF Ulysse

Photo: Les consommateurs suisses apprécient particulièrement la crevette tropicale. / © DR

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