Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

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Changins: succès et récompenses pour une formation d’excellence

Pour la deuxième année de suite, deux étudiants de la Haute école de viticulture et œnologie de Changins ont pris part au Concours européen des Jeunes Professionnels du Vin qui s’est tenu au Salon international de l’Agriculture à Paris. Paul-Antoine Suzzoni et Charlène Contesse ont remporté la première et la deuxième place.

Le Concours Européen des Jeunes Professionnels du Vin, qui s’est tenu au Salon international de l’Agriculture à Paris, du 27 février au 6 mars 2016, visait à mettre en évidence les aptitudes à la dégustation des vins des futurs jeunes professionnels de la filière viticole. Ces derniers étaient testés sur leurs connaissances des vins, ainsi que sur leurs aptitudes à la dégustation, afin de les sensibiliser à l’importance de la dégustation dans la pratique de leur métier. 21 pays d’Europe étaient représentés. Ce sont les étudiants de Changins Paul-Antoine Suzzoni et Charlène Contesse qui ont remporté les deux premières places. «Nous sommes très fiers du résultat de nos étudiants et je remercie le ministère de l’agriculture française de nous avoir invités à participer à ce concours» déclare Laure Van Gysel, œnologue et enseignante en analyse sensorielle et dégustation des vins à Changins, qui accompagnait les deux lauréats. Les résultats obtenus par les étudiants de la Haute école de viticulture et œnologie de Changins confirment la qualité de l’enseignement dispensé dans le centre de compétences national des métiers de la vigne et du vin. «C’était une expérience incroyable. Nous avons eu des échanges précieux avec des étudiants de différents pays!» conclut Charlène Contesse, étudiante de la Haute école de Changins et médaillée d’argent!

Une formation et trois filières: un atout majeur

La formation professionnelle est l’atout principal pour assurer l’avenir des métiers de la vigne et du vin. Centre de compétences national pour la formation dans le domaine de la vitiviniculture, Changins avait organisé le 12 mars dernier sa journée annuelle de présentation de ses formations. Des visites guidées de la cave expérimentale, des laboratoires, de la salle de dégustation et du vignoble didactique ont été fort  appréciées. Un buffet dînatoire convivial a permis aux participants d’échanger directement avec les professeurs et des étudiants de l’école. Près de 100 personnes  ont pu ainsi découvrir:
• La Haute Ecole Spécialisée (HES) filière Œnologie pour devenir Œnologue Bachelor of Science HES-SO en Œnologie, et/ou obtenir le Master of Science in Life Sciences HES-SO orientation Viticulture et Œnologie. 
• L’école supérieure (ES) de Technicien vitivinicole pour devenir viticulteur encaveur ou suivre les cours de préparation aux Brevets et Maîtrises de viticulteur, caviste ou arboriculteur.
• L’école du vin, pour suivre, en tant qu’amateur ou professionnel, des formations continues ou acquérir le Brevet fédéral de sommelier/ère.

Histoire et évolution

Depuis sa création, Changins a toujours mis l’accent sur l’absolue nécessité d’offrir un enseignement d’excellence, intégrant aussi bien les aspects théoriques que pratiques. L’institution qui s’appelle aujourd’hui «Changins-haute école de viticulture et œnologie - école supérieure de technicien vitivinicole - école du vin» a vu le jour en 1948 par la volonté des cantons francophones, de Berne et du Tessin de mettre sur pied une formation supérieure en viticulture, œnologie et arboriculture. Ces cantons (VD, VS, GE, NE, FR, BE, TI, puis plus tard JU) ont ainsi créé une Fondation qui, aujourd’hui encore, conduit la destinée de Changins. Après les débuts à Montagibert, au nord de Lausanne, l’école a déménagé à Changins en 1975, sur le site même de la station de recherches agronomiques (Agroscope) avec laquelle elle a toujours été étroitement liée. Les bâtiments et équipements d’enseignement ont été entièrement rénovés en 2002. L’Ecole dispose ainsi d’infrastructures didactiques d’excellent niveau, en particulier laboratoires et équipements d’analyse sensorielle. La cave de vinification didactique a fortement augmenté ses activités, notamment dans le but de permettre aux étudiants de réaliser pratiquement une large palette de processus de vinification. 
Si les métiers de viticulteur et d’arboriculteur sont assez connus, celui d’œnologue reste encore mystérieux. En résumé, l’œnologue a pour tâche d’élaborer des vins de la meilleure qualité possible dans le respect des processus biologiques naturels et en mettant en valeur, au mieux, les raisins mis à sa disposition. Changins a toujours mis l’accent sur l’absolue nécessité pour l’œnologue d’avoir des compétences très solides en viticulture. Les plans d’enseignement sont conçus dans ce sens.

Les défis pour le futur

Le nombre d’œnologues formés chaque année par Changins a considérablement augmenté depuis la mise en place du système HES (10 à 15 diplômés par année). L’Ecole entend continuer dans cette voie en misant sur l’excellente qualité de son enseignement, tant théorique que pratique, en améliorant sensiblement l’attractivité pour les étudiants suisses alémaniques. Il s’agit de renforcer l’envergure nationale de «Changins, haute école de viticulture et œnologie», en tant que centre de compétence au niveau suisse. Une nouveauté particulièrement appréciée des étudiants est proposée depuis 2008 sous forme d’une Summer University de quatre semaines, en anglais, offerte alternativement à Changins, en Californie et en Australie, dans des universités partenaires. Les six premières éditions ont connu un succès retentissant, celle de 2012 ayant eu lieu en Australie. L’opération est désormais reconduite chaque année, sur le long terme. Enfin, «Changins, école du Vin» innove par la création d’évènements autour du vin proposés à ses clients et par le lancement des cours de préparation au Brevet fédéral de Sommelier.

NATHALIE BRIGNOLI

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