Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

A Genève, les indépendants se diversifient

Nathalie Brignoli

Les vignerons encaveurs de Genève, regroupés en association, assurent à la fois la protection professionnelle de leur statut et la promotion de l’authenticité du vin genevois.

L’association genevoise des vignerons encaveurs indépendants (AGVEI) représente la version cantonale de l’association suisse des vignerons encaveurs indépendants (ASVEI), qui compte 600 membres en Suisse.
Le vigneron encaveur, pour mériter son titre, doit récolter, vinifier, encaver le produit de sa vigne et vendre son vin sous son propre nom, avec son étiquette. En fonction des hectares dont il dispose, il s’acquitte d’une cotisation annuelle. A l’heure actuelle, il cultive une cinquantaine de cépages, proposés en assemblage ou en monocépages.
La réglementation de l’association lui impose certaines restrictions dans l’achat de vins ou de vendanges externes à sa production: il doit se limiter à 2000 litres par an, au-delà, il changerait de statut et deviendrait un marchand de vin. L’association cherche à la fois à défendre son statut et à assurer la promotion du vin genevois. Le logo et emblème de l’association «L’homme par qui le terroir se fait», représentant des mains qui serrent une bouteille, garantit la qualité et le respect des règles de production. 
«L’association doit effectuer des contrôles, car le vigneron-encaveur est considéré comme un artisan, pas un marchand. Il s’agit pour nous avant tout de sauvegarder sa liberté», explique Sarah Meylan, présidente des encaveurs indépendants, qui dirige, avec son père Roger Meylan, le Domaine de la Vigne blanche à Cologny, un domaine de 7,5 hectares, repris en 1979. Sarah Meylan et son père vinifient eux-mêmes 19 vins blancs, rosés et rouges réputés et disposent en plus de 25 hectares de grandes cultures de céréales et oléagineux. «Il y a quelques années, il était question de durcir les réglementations sur la patente de cafetier, par chance cela ne s’est pas fait. Le vigneron encaveur peut continuer à servir et à faire déguster du vin dans sa cave», poursuit Sarah Meylan. 
Gastronomie et tourisme rural
Les vignerons encaveurs, qui se regroupent lors des différentes foires aux vins, s’activent pour la promotion de leur produit. Le vin genevois bénéficie à la fois de l’image positive de l’agriculture de proximité et du tourisme rural, qui se développe de plus en plus. Découverte des activités de la ferme, circuits en campagne, les amateurs recherchent la qualité des produits du terroir. «Notre association, malgré un budget limité, est en pleine ébullition, avec beaucoup de nouveaux projets. Depuis quelque temps déjà, les restaurateurs achètent plus, surtout dans les gastro et les grands hôtels, ils jouent vraiment le jeu, en proposant une belle carte de vins genevois, au moins aussi fournie que celles des vins étrangers», se réjouit Emilienne Hutin, membre de l’AGVEI et directrice du Domaine les Hutins, à Dardagny. 
Hors des quelques phases creuses, comme janvier ou février, la période faste des vignerons encaveurs de Genève commence au printemps, en lien direct avec l’hôtellerie et la restauration-terrasse et se poursuit toute l’année, au gré des manifestations diverses. Les prochains événements auront lieu le 30 mai, à l’occasion des traditionnelles portes ouvertes genevoises, puis, en novembre, la Journée vin nouveau, qui explique le travail effectué pendant les vendanges.

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