Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

Le Valais: patchwork viticole, prodige vinicole

Valais

JF Ulysse

La diversité viticole du Valais est stupéfiante: 59 cépages pour 5000 ha, soit 38 fois plus qu’en France (351 pour 1,15 million d’hectares).

Plus d’un Pinot Noir suisse s’avère supérieur aux meilleurs Bourgogne, à des prix bien plus accessibles. 
Quatre cépages occupent 85 % de son vignoble, mais le Valais compte 26 rouges et 33 blancs. On a longtemps cru que Cornalin, Amigne, Petite Arvine étaient indigènes, mais la biologie moléculaire a démontré que bien des cépages sont valdotains, ou d’Italie du nord. En définitive, il faut parler de vignes antiques. 
Le Valais est une mosaïque de sols et microclimats. La surface des cépages de spécialités s’est accrue de 60 % en 10 ans, mais certaines productions restent anecdotiques. Intéressons-nous ici à quelques blancs rares.
La Petite Arvine (130 ha) est un des ceps antiques. Sa production augmente avec la demande. Sa maturité tardive donne un vin racé. En liquoreux, on trouve de grands millésimes. 
L’Amigne (38 ha dont 15 à Vétroz), donne un vin fruité, puissant et frais. Il se boit jeune, mais les Amignes plus âgés sont surprenants. Le liquoreux se fait, depuis 1997, par sélection de grains nobles sur pied. 
L’Humagne blanche (25 ha) était autrefois très répandu en Valais mais, remplacé par Chasselas et Sylvaner, il n’en subsistait guère, au début du XXe siècle. Après une vinification en sec, elle supporte bien l’élevage en barrique, et se révèle après quatre à cinq ans de garde. 
L’Ermitage (41 ha), Marsanne des Côtes-du-Rhône, est un cépage tardif. Certains ont décidé de le produire soit en sec, soit en liquoreux, les deux donnant de très beaux vins. 
La Malvoisie ou Pinot gris (64 ha) se prête bien à la surmaturation, par vendange tardive, séchage sur clayettes ou cryoextraction. C’est un vin aux arômes marqués de coing et de pêche. 
La Rèze a de la parenté en Italie du Nord et en Savoie. Elle a failli disparaitre, remplacée, après le phylloxéra, par du Chasselas. En 1997, il en restait moins d’un hectare, remonté à 2,4 ha en 2011. C’est un blanc rustique.
Le Sauvignon blanc (17 ha) porte de petites grappes compactes aux arômes typiques de buis. Le vin est très aromatique et doté d’une belle acidité, parfois au détriment de la finesse.
Le Muller-Thurgau (14,5 ha), appelé parfois Riesling x Sylvaner est de maturité plus précoce que le Chasselas. Son vin, au bouquet légèrement musqué, est peu acide.
Le Païen ou Heida (Savagnin Blanc) est en forte progression et offre une palette d’arômes et une belle longueur en bouche. Il se déguste jeune ou après quelques années de cave. 
Le Lafnetscha, seul cépage reconnu valaisan. De bonne longueur en bouche, grâce à son acidité, il vieillit très bien.

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