Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

L'abricot, roi du verger valaisan

Valais

En Valais, l’abricot a un bel avenir. Le rude printemps de 2017 a détruit près de la moitié des récoltes de cette année. Malgré tout, grâce à la diversification, le fruit doré valaisan n’a jamais été aussi à la mode qu’aujourd’hui. 

Le Valais est en Suisse la patrie de l’abricot. C’est l’un des fruits vedettes du pays. Dorés par les rayons du soleil de juin et de juillet, juteux, savoureux, naturels, on les attend chaque année comme de bons messagers de l’été. 
Malheureusement ils ont subi un gros coup de gel, en avril. Les agriculteurs ont essayé d’en sauver le maximum. «Le froid a été trop intense», précise le président de la Chambre valaisanne d’agriculture Willy Giroud. A -10 degrés à certains endroits, l’on ne peut plus lutter contre le froid avec des bougies allumées dans les vergers. Les variétés les plus sensibles comme le luizet on terriblement souffert. La célèbre entreprise de distillation Morand, productrice de l’abricotine, aura de la peine à en récolter suffisamment cette année. 
La Chambre valaisanne d’agriculture estime que près de la moitié de la récolte d’abricots va manquer, cet été, par rapport à l’an passé. Les bourgeons ont été détruits. Ils ne reviendront plus. Mais il semblerait que la concurrence, française en tout cas, ait subi les mêmes agressions du froid. Willy Giroud en espère une certaine modération de la concurrence.
Diversification des variétés
L’abricot, comme la vigne ou l’asperge, est une star du terroir valaisan. Il est cultivé sur quelque 700 hectares jusque vers 1000 mètres d’altitude. Jusqu’à la fin des années 1990, le luizet assurait près de la totalité de la production. Mais ce fruit délicat donnait lieu à des surproductions. On le récolte, en effet, sur trois semaines entre la fin juillet et la mi-août. On a donc voulu étaler la production. Depuis les années 2000, la récolte se répartit en une vingtaine de variétés qui se ramassent entre les mois de juin et la fin septembre pour les espèces les plus tardives. De fait, toutes les variétés portent la marque «Valais». C’est une garantie de qualité.

Fruit de rive gauche
Avec toutes ces variétés mieux adaptées à l’étalement des récoltes, le verger a cru un peu depuis une dizaine d’années. Les arbres poussent sur la rive gauche. L’exposition au soleil de la rive droite n’est pas adaptée à la bonne croissance du fruit: trop chaud.  Malgré les récents problèmes de gel il semblerait que le Valais, comme terre de l’abricot en Suisse, connaisse un avenir favorable. Ces dernières années les importations d’abricots ont, fait remarquable, très fortement diminué. 

Renouvellement
Dans les nouveaux fruits, on trouve l’orangered et d’autres variétés précoces. Elles occupent près de 160 hectares ou 35% du total. On trouve aussi le goldrich et d’autres variétés mi-précoces qui couvrent une centaine d’hectares ou 22% du total. Il y a enfin le bergarouge et d’autres abricots mi-tardifs, qui croissent sur un peu plus de 20% et le bergeron et autres tardifs qui couvrent le 20% du verger. 
L’orangered est un hybride canadien, qui permet une récolte précoce. Le fruit est gros, de couleur orange foncé, doux et sucré, très aromatique. Le goldrich ou jumbocot, un hybride américain, est un fruit de demi-saison de très gros calibre à la couleur orange soutenue et au goût sucré et acide. Enfin le bergarouge, un croisement de bergeron et d’orangered obtenu en France, est un mi-tardif avec un gros fruit et une saveur excellente qui mélange le sucré avec un peu d’acidité.

André Versan

Total de votes: 327