Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

Neuchâtel, un vignoble chargé d'histoire

Neuchatel

Plus que jamais, les vins de Neuchâtel se distinguent. Récompensés par de nombreuses médailles lors de concours nationaux et internationaux, ils portent haut les couleurs du canton. 

S’étirant au pied de la première chaîne, les sols du vignoble sont caractérisés par leur origine jurassique. Ils ont en commun le calcaire, omniprésent. La pauvreté des sols en humus et leur richesse en sels minéraux offrent d’autres atouts précieux. Dans les meilleurs parchets, les vignes sont amenées à plonger leurs racines dans les profondeurs pour se nourrir, favorisant ainsi la richesse des bouquets et l’ampleur des saveurs de nobles cépages. 
L’évolution des surfaces viticoles du canton ne nous est connue précisément que depuis la fin du XIXe siècle. La vigne a passé de plus de 1200 hectares en 1884 à 606 hectares en 2002, atteignant son érosion maximale au début des années 1970 avec 560 hectares. Ces fluctuations découlent principalement de causes phytosanitaires (maladies, ravageurs), mais aussi de raisons structurelles, conjonc-turelles et politiques.
Actuellement, les cépages blancs occupent 
40% de la surface, les rouges 60%. Seuls treize cépages permettent d’obtenir l’appellation d’origine contrôlée de Neuchâtel, dans un but de conserver qualité et authenticité. Ce sont le Chasselas, le Pinot Noir, le Pinot Gris, le Pinot Blanc, le Chardonnay, le Sauvignon Blanc, le Riesling Silvaner, le Gewürztraminer, le Doral, le Garanoir, le Gamaret, le Charmont et le Viognier.

La star
Issu de Pinot Noir peu cuvé, l’Œil-de-Perdrix évolue à Neuchâtel dans son pays d’origine. C’est de 1861 que datent les premières traces de son existence dans le canton. Louis Bovet, propriétaire encaveur à Areuse, fit imprimer une étiquette portant la mention «Œil de Perdrix». Si l’on trouve des rosés du même nom dans d’autres régions, c’est que les vignerons de Neuchâtel n’ont pas protégé le nom, ce terme étant devenu générique dans le vocabulaire vinicole. 
Frais et harmonieux, le Neuchâtel Œil-de-Perdrix est particulièrement apprécié avec la cuisine estivale. Il se déguste également toute l’année avec les poissons, les mets exotiques, les grillades, de l’apéritif au dessert. Sa robe est rose saumonée claire. Son nez très frais rappelle les fruits rouges et parfois la mandarine ou même le caramel. Racé, franc, généreux, plein, sa vivacité et sa complexité sont remarquables en bouche.

Le non filtré
L’autre vedette, c’est le Neuchâtel Non Filtré, qui se caractérise d’abord par sa folle fraîcheur et sa rondeur soyeuse. Ce vin typiquement neuchâtelois est élaboré à base de Chasselas. Sa fermentation est complètement achevée, lorsqu’au début du mois de janvier il est mis en bouteille sans filtration finale.
Sa fraîcheur, florale et aux arômes d’exotisme allant des agrumes à l’ananas, déconcerte les papilles dont la référence au Chasselas se situe sur d’autres notes. Les lies fines, présentes dans le vin, lui apportent une merveilleuse sensation de fraîcheur.

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