Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET

Le Pussy Foot, Prairie Oyster ou Shirley Temple, pourquoi ces noms?

Pour la première fois, Gastronomia accueille le 5 novembre, le concours suisse de «mocktails», ce néologisme désignant les cocktails sans alcool. Au cours de cette manifestation, un esprit génial va peut-être créer le cocktail sans alcool du XXIe siècle auquel son nom va rester attaché. Comme c’est le cas pour beaucoup. Petit passage en revue.

Le Prairie Oyster, short drink, a été crée en Allemagne à une date inconnue mais fait son apparition dans les années 1870 à Londres. C’est un des premiers cocktails vantés pour ses vertus thérapeutiques contre les troubles liés à… un abus d’alcool ! Pour en tirer le meilleur parti, il était indiqué de prendre en bouche le short drink et de mâcher le jaune d’œuf avant d’avaler. 

Le Shirley Temple, lui aussi long drink à servir à tout moment, comme tous les autres cocktails sans alcool, d’ailleurs, a été créé à Hawaii, en hommage à la célèbre comédienne américaine, Shirley Temple, née en 1928 et qui joua, entre 1931 et 1949 dans une quarantaine de films, que le président Roosevelt félicita un jour pour son «optimisme contagieux». 

Le Pussy Foot, autre long drink, a été créé en 1920 par le barman de l’Embassy Club à Londres, Robert Vermeire. Il inventa ce cocktail sans alcool – et qui comportait à l’origine des feuilles de menthe fraîche – en hommage à Pussyfoot Johnson, l’apôtre de la prohibition aux Etats-Unis. 

L’Apple Pilar, un long drink à servir à tout moment, a été créé en 1994 par Colin Field au bar de l’hôtel Ritz, à Paris. Son nom fait référence au bateau de pêche qu’affectionnait particulièrement Hemingway et désormais exposé dans la maison de l’écrivain, aujourd’hui musée, à San Francisco de Paula, à Cuba.

Pour conclure, mentionnons, du côté des cocktails alcoolisés, trois noms: tout d’abord le célèbre Vodka Martini, un short drink à servir en apéritif, variante du Dry Martini. Ce cocktail est intimement lié à James Bond avec qui il cohabite depuis 1962. Et le Cosmopolitan. Ce short drink, à servir à tout moment, composé de vodka, de jus de canneberge, de jus de citron vert pressé et de curaçao, aurait été créé à San Francisco dans les années 80. Son succès, il le doit au fait qu’il est devenu pour le public féminin l’équivalent du Dry Martini pour les hommes. C’est Madonna qui a popularisé le Cosmopolitan à New-York et à Londres. Moins célèbre, mais peut-être plus efficace, le Gimlet. Ce short drink, nécessite seulement un peu de gin et de sirop de lime cordial, un sirop obtenu par l’édulcoration d’un jus de citron vert. Ce cocktail créé par un membre de la marine britannique, Thomas D. Gimlette, était destiné à être bu par les marins de la Royal Navy pour lutter contre le scorbut. Pour la petite histoire, Gimlette a été anobli par le roi d’Angleterre. On ne sait si c’est pour cette invention…

Source: Fernando Castellon, Le Larousse des cocktails, Paris, 2004

Lionel Marquis

Photo: Les mocktails: on en boit de toutes les couleurs…© DR

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