Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET

Le mondial du chasselas s’expose à Igeho

JF Ulysse

Pour mieux faire connaître la qualité des chasselas, Fendant et Gutedel, produits en Suisse et dans le monde, le Mondial du chasselas tiendra un stand à IGEHO, où il présentera et fera déguster une sélection de vins, pendant toute l’édition 2015.

Raisin de table et de cave, le chasselas est cultivé sur environ 38’000 hectares de par le monde. Il y en aurait 13’000 ha en Roumanie, huit à dix mille en Hongrie, destinés à la cuve et à la table et près de 4’000ha en Suisse, uniquement destiné à faire du vin.
La France en cultive un peu plus de 2’600 hectares, surtout pour la table (chasselas de Moissac). En Allemagne, on en trouve un peu moins de 1100 ha dans le Bad Wurtemberg, la région de Markgräflerland (Freiburg am Brisgau). Russie et Chili en auraient chacun 500 ha pour la table. On estime que moins du tiers des surfaces mondiales de chasselas sont utilisées pour élaborer des vins.
La quasi-totalité des vignes de chasselas du monde est plantée dans l’hémisphère Nord, et une grande partie d’entre elles autour du 46e parallèle. Aigle se situe à 46.3 degrés de latitude et les études de José Vouillamoz  établissent avec beaucoup de vraisemblance que l’origine du chasselas se situe dans le bassin lémanique. 
Pour réussir à produire de grands vins avec du chasselas, il faut donc des conditions bien particulières. Pour le chasselas suisse, c’est un petit miracle qui associe chasselas et terroir, au sens où le savoir-faire humain s’ajoute au sol et au climat.
La capacité de vieillissement des chasselas issus des meilleurs terroirs suisses est également largement confirmée, comme en témoigne quelques merveilles des années 1978, 1985 et 2000, liste non exhaustive. Peu aromatique et peu acide, un chasselas bien fait peut développer, en vieillissant, des complexités aromatiques exceptionnelles.
Mondial du Chasselas
Le 5 juin dernier, au Château d’Aigle, les jurés renvoient les notes, attribuées à un chasselas qui semble dominer les débats: la moyenne affichée 93,4 points indique un grand vin et, le 26 juin dernier, lors de la soirée de gala, La Grand’Rue 2013 du Domaine de la Ville de Morges et habituée aux meilleures places, a reçu le trophée du meilleur classement toutes catégories et s’est adjugé trois autres trophées: 1er prix catégorie vins secs, meilleur vin vaudois et meilleur vin produit à plus de 15’000 bouteilles.
Neuchâtel a dominé les vinifications spéciales avec deux non-filtrés ex-aequo, le Domaine de Chambleau et le Domaine de Montmollin.
Dans les vins doux, la cave de la Côte l’a emporté, avec le Bertrand de Mestral 2014, devant les Artisans Vignerons d’Yvorne, avec l’Ange et Démon 2013.
Quant aux vieux millésimes – antérieurs à l’an 2008 – c’est le Château de Chatâgnéréaz  qui est sorti vainqueur avec sa Réserve du Domaine 1990, de peu devant le Château Maison-Blanche de la Cure d’Attalens et le Dézaley-Marsens des Frères Dubois. 
A Cully, un Parker a goûté les chasselas
Stephan Reinhardt, membre de l’équipe Robert Parker, était présent au vernissage du livre de Chandra Kurt sur le chasselas où il a goûté à 95 vins sélectionnés pour lui. Il a dégusté l’Ilex de Louis-Philippe Bovard, puis s’est attardé à Cully pour découvrir les autres vins. Il a aimé les aptitudes au vieillissement des bons chasselas, quand on lui a fait déguster plusieurs années de la Médinette: les 2000 et 2003 sortent en tête (92 points chacun), le 2013 obtient 90 et le 1992, 89.
41 vins ont été retenus. Impression de Parker? «Peu spectaculaire, le chasselas est subtil, élégant, et sa neutralité aromatique en font un vin gastronomique de première ordre.»
En se rendant à Igeho, au Stand D141 Halle 1.1, on ne risque donc rien, sauf de découvrir quelques petites merveilles.

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