Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

La Route de l’absinthe n’est plus coupée

De Pontarlier à Noiraigue, à cheval sur le département du Doubs et le Val-de-Travers, longue d’une cinquantaine de kilomètres, la Route de l’Absinthe est ouverte au public.

C’est en 2005 que Nicolas Giger, président de l’association franco-suisse «Pays de l’Absinthe» décide de tout mettre en œuvre pour que cette route historique soit rouverte au public. Il faudra sept longues années de combat avant que son projet voit enfin le jour, avec l’aide de 80 partenaires, dont la Ville de Pontarlier, la commune Val-de-Travers, convaincus depuis le premier jour de la viabilité du projet. Et ils ont vu juste. Car cet itinéraire historique, culturel et touristique réserve plus d’une surprise aux curieux venus le parcourir. Dernière nouveauté: un sentier pédestre permet aux randonneurs d’avoir une image plus complète de la région et ainsi la découvrir. Si ses 49 kilomètres peuvent être couverts en une journée par un marcheur bien entraîné, ils demandent pour les moins entraînés deux à trois jours d’efforts. Ce sentier, réalisé avec le concours de la Communauté de Communes du Larmont (France) et Neuchâtel Rando, propose une surprenante variété d’éléments accessibles à tous et pour tous les goûts. Cela va des sites naturels tels que le Château de Joux, les sources de l’Areuse ou le lac de Saint-Point, en passant par le point de vue offert par le Grand Taureau, qui culmine à 1 323 m. Ou, dans un autre genre, visiter à Boveresse dans le canton de Neuchâtel, le séchoir à absinthe; un bâtiment unique au monde. Cette bâtisse, autrefois utilisée pour la culture et le séchage des plantes, abrite aujourd’hui une exposition permanente sur ses fonctions d’antan où vous pourrez également déguster des absinthes produites par le Musée régional de Môtiers dont il dépend.

Ce parcours peut intéresser tout le monde, que ce soit un défenseur ou non de la «Fée Verte», car il se décline en dix «spécialités»: art, culture, dégustation, fabrication, information, librairie, patrimoine, restauration, ventes et visites. Avec une spécificité que seule ce genre de parcours peut offrir: un sentier qui relie les trois «fontaines froides»: celle du Creux-du-Van, qui se maintient à une température de 4°C; celle «à Louis», aux environs de Môtiers, où, dans une petite boîte, se trouve une bouteille de bleue, à l’entrée des gorges de la Poëtta-Raisse et celle de la Fontaine des Fées, à la lisière de la forêt de la Robella, le long du sentier des horlogers, là où de «La Fontaine aux Fées» jaillit une eau fraîche et qui cache une bouteille 
d’Elixir de Fée.

C’est évidemment Pontarlier, la ville qui la produisit en masse, qui se taille la part du lion en offrant le plus vaste choix d’activités liées à l’absinthe: neuf. Cela va de l’art avec la Galerie de la Halle qui expose et vend des œuvres d’artistes qu’elle prend le soin d’encadrer, à la dégustation de plats et pâtisseries cuisinés à l’absinthe, tels que ganaches et macarons.

Les 4/5 du parcours sont du côté suisse. Et parmi les localités helvétiques traversées, Fleurier, capitale horlogère où se trouve Pizza’Fun: on peut y savourer une pizza ou un soufflé glacé; tous deux à l’absinthe. Enfin, Couvet, là où elle fut inventée en 1798 par un certaine mère Henriod, herboriste renommée, et où elle débuta avant de s’établir à Pontarlier. La boucherie Bohren, installée au cœur du village depuis 1960, vous vendra une excellente saucisse sèche à l’absinthe avant de vous rendre à Môtiers, où en 2014, sera ouverte une Maison de l’Absinthe dans les locaux de l’ancien Tribunal, la où furent jugés les distillateurs clandestins.

Lionel Marquis

www.routedelabsinthe.com

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