Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

Les vins suisses d’excellence ont leur place à l’international

Journaliste spécialisé reconnu, Andreas Keller est co-fondateur du collectif «Mémoire des Vins Suisses». Cet amoureux du vin porte les viticulteurs – et leurs précieuses cuvées – vers une notoriété au-delà des frontières.

Quelques mots sur votre parcours journalistique dédié aux vins exceptionnels?  

J’ai toujours été «dans le vin». En 1980, j’étais présent à la fondation du journal Vinum, comme journaliste spécialisé, puis comme rédacteur en chef. J’ai toujours été très ouvert vers la Romandie et la France et attiré par les vins qui s’y produisent. J’y ai d’ailleurs rencontré ma compagne Susi (Susanne Scholl, ndlr), la sœur d’un des fondateurs de Vinum. Cette phase avec Martin Kilchmann se poursuivit jusqu’en 1988. En 1989, les collègues de Vinum et moi-même avons migré vers DIVO à Lausanne, le club international des vrais vins. Au départ, je m’y occupais de l’illustration des vins d’origine, puis au contact des meilleurs vins suisses et français, j’ai fini par devenir acheteur et à leur dédier ma plume.  Nous avons ouvert une filiale à Zurich pour éditer le magazine, jusqu’à ce que la crise des années 90 ne nous rattrape. 

Dès 1992, Susi et moi sommes devenus indépendants. Nous avons collaboré avec Marmite, le journal de la Confrérie éponyme, formée par des amoureux de la gastronomie. J’y ai contribué à la rubrique œnologique jusqu’au départ d’Elfie Casty en 1996. A partir de ce moment-là, j’ai repris le poste de rédacteur en chef jusqu’en 2006, lorsque Marmite a été vendue. Depuis, je suis chroniqueur pour différents titres.

Votre réseau des amoureux des vins n’a pas de frontières…  

Cela date des années 1990, lorsque nous avons lié des relations avec la Suisse Romande, le Tyrol du Sud et l’Autriche pour nos mandats événementiels. Par la suite, nous avons organisé des présentations publiques et des voyages de presse, ce qui s’est révélé très utile pour notre future orientation professionnelle. En 2002, nous avons développé avec Stefan Keller et Martin Kilchmann le concept de la Mémoire des Vins Suisses (MDVS) sur l’idée du vigneron tessinois Christian Zündel. Le but était de répertorier et de stocker les meilleurs vins de garde suisses pour les observer au fil du temps. En tant que journalistes, nous avions un beau carnet d’adresses de producteurs et autres contacts en lien avec le vin. La première sélection des vins rassembla 26 producteurs. Le club était à l’époque très exclusif, les membres devant débourser une cotisation de 1000 CHF/an. Après 2 ans, les finances peinaient. En 2004, l’association MDVS est née à Sierre au Château Mercier, un lieu emblématique pour nous. Susi et moi sommes en fonction au comité et au secrétariat. L’association, principalement composée de producteurs et de journalistes, se réunit une fois par an pour l’assemblée générale et son riche programme de 3 jours, l’occasion de découvrir des vins suisses dans différents terroirs régionaux. En 2008, nous avons lancé, dans le cadre de la manifestation annuelle des vins autrichiens à Zurich, la première grande présentation des meilleurs vins suisses par les membres de la Mémoire des Vins Suisses et leurs amis. Par la suite, cette présentation, appelée désormais Mémoire & Friends, organisée par notre société Swiss Wine Connection, a connu un grand succès. Depuis l’année dernière, cette manifestation se déroule au Schiffbau Zurich, le dernier lundi d’août sous le nom de Swiss Wine Tasting. 

En 2015, nous avons créé le Swiss Wine Vintage Award (incluant des non-membres), un prix décerné à des vins testés en petit comité de connaisseurs, comme Hans Bättig et moi-même. Sans grande surprise, un grand nombre de vins répertoriés par MDVS y ont été primés.

Depuis 2014, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) nous apporte une aide financière qui facilite la venue de la presse étrangère.

Quelle est votre vision du futur des vins suisses?

Pour le futur, les contacts à l’échelle européenne avec les influenceurs et rédacteurs sont la clé. J’ai été surpris par la rapidité de progression des vins suisses depuis 2002 en termes d’image. Les sommeliers eux aussi, après leur dégustation, mettent à la carte davantage de vins suisses. 

Je pense que nous sommes sur le bon chemin. Dans la viticulture comme dans la commercialisation des vins, le réseau est central. C’est lui qui nous relie à l’étranger. Même si la Suisse ne va sûrement jamais vendre de quantités exorbitantes de vins, leur qualité et la valeur de leur provenance jouent un grand rôle. Nos vins ont leur place dans le panorama mondial des vins!

Interview réalisée
par Pamela Chiuppi

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