Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

 

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET - Actions et nouveautés

Casimir Platzer, président de GastroSuisse

propos recueillis par frédéric finot

Casimir Platzer, Président de GastroSuisse, dresse un bilan mitigé de l’année écoulée. L’abandon du taux plancher face à l’euro par la BNS, début janvier, entraînera encore des conséquences négatives pour la saison d’hiver qui débute, tandis que les défis qui attendent la profession l’année prochaine seront encore nombreux. Interview.

Quel bilan faites-vous de l’année 2015? Pensez-vous que le franc fort va continuer à affecter le secteur de l’hôtellerie-restauration? 
La décision de la banque nationale du 15 janvier 2015 a donné un coup dur inattendu à notre branche. Depuis l’abolition du cours plancher du franc, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme sont confronté à une forte pression.
Heureusement que la bonne météo de cet été a amené un peu de stabilité provisoire. La saison d’hiver à venir nous cause de grandes préoccupations. En raison de la surévaluation durable du franc, nous craignons encore une diminution de 10 à 15 % pour les nuitées en provenance de la zone euro. La perte du chiffre d’affaire allant de pair avec cette décision nous amènera inévitablement une perte de milliers d’emplois dans notre secteur.
Qu’en est-il des mesures demandées par GastroSuisse pour le renforcement marketing et pour des investissements dans la promotion économique pour la période 2016 à 2019?
Mis à part la publicité nationale de Suisse Tourisme, se sera à chaque entrepreneur de reconnaître ses chances et de transformer celles-ci en actes, avec courage et adresse. Il s’avère dans la pratique que les concepts interentreprises peuvent aider à augmenter clairement la compétitivité. De telles coopérations améliorent la santé de l’entreprise par une augmentation des recettes et une diminution des coûts. Les coopérations peuvent augmenter ce potentiel d’innovation. C’est du rassemblement d’idées provenant d’entreprises et de branches diverses que naissent des impulsions nouvelles. Nous venons de publier en allemand un manuel de travail «fit-together» qui traite justement sur ce sujet. Ainsi, nous apportons de nouvelles et précieuses impulsions à la branche et mettons en évidence, au moyen d’exemples dans le sens de «bonnes pratiques» des solutions attractives. 
Pensez-vous que le «oui» à l’initiative contre l’immigration de masse va continuer à entraver le recrutement et l’intégration de collaborateurs étrangers dans l’hôtellerie-restauration?
Nous dépendons de collaborateurs étrangers, afin que l’hôtellerie et la restauration puisse continuer à fournir dans l’avenir ses prestations de service. Près de 50 % des collaborateurs proviennent en principe de pays étrangers. Il est clair que l’initiative sur l’immigration de masse a par conséquent une grande influence sur notre branche. 
On ne peut pas arriver au point où, une fois de plus, de petites et moyennes entreprises, qui jouent un rôle décisif dans l’hôtellerie-restauration, doivent payer le prix pour l’aggravation des conditions générales. Ainsi, nous sommes par exemple d’avis qu’un séjour en Suisse avec une activité rémunérée de moins de douze mois ne représente pas une immigration et ne doit donc être soumise à aucun nombre maximal ou contingent.
Comment allez-vous faciliter l’accès au financement des établissements, évoqué à l’occasion de la conférence de presse annuelle de GastroSuisse?
Le financement des entreprises de la restauration et de l’hôtellerie est en effet un sujet très actuel. De nombreux hôtels, surtout petits et moyens, ne peuvent pas utiliser de façon optimale les moyens de financement disponibles. Ici, nous voulons agir en coopération avec le Centre de recherche et de conseil dans les domaines du tourisme et du transport de l’université de St. Gallen. En collaboration avec la Société Suisse de Crédit Hôtelier SCH, nous examinons des mesures appropriées dans le but de faciliter l’accès au financement pour ces entreprises. 
Comment lutter contre le tourisme d’achat et de restauration?
Les conséquences du tourisme de gastronomie sont mesurables! Un touriste de gastronomie va normalement en groupes à l’étranger et dépense en moyenne 42.30 francs. Extrapolés sur la population résidente suisse, environ quatre milliard de francs de valeur ajoutée se perdent ainsi chaque année pour la restauration suisse. 
Cette perte d’argent doit être stoppée. Pour cette raison il faut des réformes. Par conséquent, nous luttons en premières lignes pour des prix équitables et contre des suppléments suisse non justifiés. Ensemble avec une large alliance, nous voulons atteindre une amélioration de notre compétitivité. Nous continuerons cet engagement au cours de l’année prochaine, avec tout autant de détermination! 
Quels seront les nouveaux défis que vous allez affronter en 2016?
Il faut que les véritables «monstres de bureaucratie», comme le paquet de mesures de la révision de la Loi sur les denrées alimentaires «Largo», arrêtent de prétériter notre branche. Par ailleurs, il faut de toute urgence un remède aux régimes douaniers isolants. Tous ces problèmes affaiblissent nos PME.

Les attaques du modèle à succès qu’est la Suisse et son marché de l’emploi libéral n’ont pas seulement des conséquences négatives sur l’économie intérieure, elles menacent aussi en fin de compte les emplois de nos collaborateurs. 
Nous sommes fortement sollicités en tant qu’entrepreneurs et comptons aussi sur la politique. La nouvelle composition, après les élections fédérales de cet automne, promet un renforcement du patronat et une position à tendance plus libérale. En 2016, nous continuerons à soigner notre réseau et nos contacts et intensifierons encore le dialogue avec les politiciens et les leaders de l’opinion.

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