Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

PRODEGA GROWA TRANSGOURMET

Laurent Terlinchamp: «Courage et implication», les mots d’ordre de la profession

Genève

propos recueillis par frédéric finot

Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève, (SCRHG) juge les résultats de cette année mauvais, voire très mauvais. Quant aux perspectives de l’année prochaine, le projet de loi Largo sur les denrées alimentaires n’augure rien de bon pour la profession.
Quel bilan tirez-vous de 2015 ?

Les résultats de cette année sont très mauvais pour plusieurs raisons. Le franc fort dû à l’abandon du taux plancher par la BNS n’explique pas tout, les habitudes des consommateurs ont changé et le ticket moyen a très sensiblement baissé. Les événements mondiaux que nous subissons incitent nos compatriotes à faire des économies et à sacrifier leur budget loisirs, sorties et restaurants. Que la plupart des gens préfèrent grignoter sur un banc public, des hamburgers achetés à une caravane m’inquiète fortement pour la pérennité d’une part importante de nos collègues. Nous devons absolument, lorsque cela est possible, nous adapter au marché. Je pense que nous vivons la fin de l’à peu près et que l’avenir est aux établissements qui tablent sur la qualité et l’accueil, ceux-là mêmes qui souffrent le moins de la crise ambiante.
Quels ont-été les moments forts de 2015?
Nous avons tout de même obtenu satisfaction concernant la finalisation et le vote de la loi sur la restauration, le débit de boisson, l’hébergement et le divertissement (LRDBHD). Il nous aura fallu cinq ans de travail pour obtenir un résultat positif notamment concernant la lutte contre la concurrence déloyale des établissements qui ne respectent pas la législation et qui nuisent, à longueur d’année, à l’image de marque de notre profession. L’heure «des foireux» a sonné. Les prête-noms seront poursuivis avec l’interdiction d’utiliser leur patente ou de faire la demande d’une nouvelle pendant trois ans, ce qui est suffisamment dissuasif pour assainir la situation rapidement. Nous allons enfin pouvoir nous battre à armes égales, ce que nous appelions de nos vœux depuis de nombreuses années.
Quels seront les enjeux, les défis de 2016 ?
C’est plutôt au niveau national que les enjeux se joueront l’année prochaine. Notre président, Casimir Platzer, est déjà mobilisé pour lutter contre la révision de la loi sur la sécurité alimentaire – le projet LARGO – qui ne compte pas moins de 2000 pages et démontre, une nouvelle fois, l’extraordinaire capacité de travail de notre bureaucratie fédérale. Nous en sommes à nous demander si les lourdeurs administratives n’ont en réalité qu’un seul but, ennuyer, pour ne pas dire plus, les chefs d’entreprise que nous sommes. En cas de besoin, GastroSuisse doit être convaincue du soutien de l’ensemble des sections cantonales pour se battre à ses côtés contre une telle absurdité.
Quels vœux formulez-vous pour 2016 ?
Que tous ceux qui s’engagent pour défendre nos métiers, notre association et plus particulièrement ses membres, restent à nos côtés et gardent l’énergie nécessaire pour soutenir une profession souvent attaquée et peu soutenue. Les réalités de notre quotidien ne sont pas en phase avec le rythme de l’administration et les seuls mots d’ordre de nos métiers restent le courage et l’implication pour nous permettre de nous maintenir.

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