Le Cafetier

Journal des cafetiers, restaurateurs et hoteliers romands

Les restaurateurs font leur bilan

Cette année, les restaurateurs de Suisse romande auront traversé nombre de tempêtes à tous les échelons, local, régional et national. Ils reviennent sur les événements marquants de 2014, leurs succès et leurs attentes pour l’année 2015.

L’année 2014 aura été bousculée d’entrée, avec la votation du 9 février. Pourtant, ce n’est pas tant la politique intérieure suisse qui a marqué le plus les restaurateurs romands, tout au plus, à l’international «la montée de l’islamisme», pour Bruno Cury, gérant de l’hôtel-restaurant la Croisée, à Boudevilliers, dans le canton de Neuchâtel, et la guerre en Ukraine, pour le Genevois Vlad Scrobota, gérant du Bar à thym, à Carouge. La Coupe du monde de football, au Brésil, n’a pas forcément laissé de bons souvenirs. Le Valaisan Yves Métrailler, directeur du Lion d’or à Chamoson, par exemple, a retenu que la compétition sportive l’avait fait «économiquement beaucoup souffrir». Le Genevois Jacky Sancho, de l’auberge Port-Gitana, à Bellevue, en garde également un souvenir mitigé.
Indubitablement, le sujet de préoccupation général aura été la météo. Le printemps a été maussade, pour les uns, très beau pour les autres. L’été, en revanche, a été catastrophique à l’unanimité. Ce fut même «un très mauvais souvenir» pour Jacky Sancho. La plupart des restaurateurs auront néanmoins apprécié l’automne. «La saison de la chasse fut excellente», se réjouit le Fribourgeois Marcel Dewarrat, chef à «l’Hôtel de Ville», hôtel-restaurant à Attalens. Le Chamosard Yves Métrailler estime que la période de chasse a été «jolie», ce qui a fait de l’année 2014 une année encourageante. Son chiffre d’affaires personnel est du même ordre que l’année 2013, grâce à une clientèle qui a changé. «Avec les conséquences de la lex Weber, il y a moins d’ouvriers, à midi, mais beaucoup plus d’entrepreneurs, qui se font plus facilement plaisir, le soir». 

Evacuer le traumatisme en 2015
La Vaudoise Christiane Martin, de l’Auberge, à Baulmes, reconnaît «avoir bien travaillé le soir». Son établissement a été une halte appréciée des cyclistes. «L’hôtel a été plus rempli que d’habitude», note-t-elle. Et si la Baulméranne déplore le rejet d’une TVA uniforme, c’est parce qu’elle constate des disparités entre les tarifs des tables d’hôtes, sans contrôle, et les siens. A deux pas du lac Léman, Port-Gitana, l’auberge de Jacky Sancho a aussi bien fonctionné. Au contraire, le Valaisan Jean-Marc Habersaat, a lui observé une baisse des nuitées du Motel, dans la lignée de celles du canton ces dernières années. Son restaurant reste tributaire des événements locaux, à commencer par les expositions de la Fondation Gianadda. 
Pour l’an prochain, les vœux sont larges. Bruno Cury espère qu’aucune décision de l’Etat ne l’empêchera de travailler. A Martigny, l’année 2015 ne sera «pas très sexy», avoue Jean-Marc Habersaat, le souhait est que l’importance du métier pour le tourisme soit reconnue. Son confrère Yves Métrailler espère que les gens sortiront plus. Pour sa part, il serait heureux de leur offrir une «pastille de bonne humeur». «Il faut arrêter de noircir le tableau, dit-il. Il y a de quoi travailler». Encore marqué par les 24 jours de pluie au mois de juillet, Jacky Sancho espère ne pas revivre le même été catastrophique. Il attend avec impatience le Salon de l’automobile, à Genève, début mars, pour commencer une nouvelle saison. Sa collègue vaudoise Christiane Martin souhaite simplement que son établissement «tienne le coup». Dans cette optique, Jean-Marc Habersaat a la recette: faire preuve d’imagination. «Il ne faut plus attendre que les clients passent par hasard. Le succès passe par la créativité».

Benjamin Philippe

Total de votes: 479